Paris, 17 juillet 2026 — La CAP-LC (Coordination des Associations et des Particuliers pour la Liberté de Conscience), qui bénéficie d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC, a soumis une déclaration écrite au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Objet de cette démarche : les retombées, à l’échelle internationale, de la stigmatisation dont font l’objet les membres de Shincheonji.
L’organisation constate un phénomène préoccupant : des éléments diffusés depuis la Corée du Sud semblent aujourd’hui peser sur certaines décisions administratives prises à l’égard de cette communauté, dans plusieurs pays. Sa demande est claire — que les autorités publiques fondent leurs décisions sur des faits établis et des preuves vérifiables, conformément aux exigences de l’État de droit.
Derrière ce cas particulier, c’est une interrogation bien plus large que soulève la CAP-LC : une minorité religieuse peut-elle légitimement être jugée à l’aune de perceptions contestées, plutôt que d’éléments objectifs ?
Des effets qui débordent largement les frontières coréennes
Plusieurs situations observées en Europe étayent le propos de l’organisation. Au Royaume-Uni, elle pointe le refus d’accorder à Shincheonji le statut d’organisation caritative — une décision assortie de l’emploi du terme « secte », un mot qui contribue à façonner une image défavorable. En Allemagne et dans d’autres pays germanophones, la CAP-LC signale des cas de discrimination affectant certains membres dans leur cadre professionnel et social, dans un climat marqué par une couverture médiatique hostile et la parution d’un livre critique sur le mouvement en 2025.
Selon l’organisation, ces exemples concrets démontrent les conséquences bien réelles d’appréciations construites sur des sources à la fiabilité incertaine : mise à l’écart sociale, atteinte à la réputation, entraves à la liberté de culte.
Ce qui se joue devant la justice coréenne
La déclaration revient également sur la situation judiciaire de Lee Man-hee, 95 ans, président de Shincheonji, actuellement détenu dans le cadre d’une enquête portant sur des violations présumées de la réglementation relative aux partis politiques. Le mandat d’arrêt a été émis le 24 juin, et sa mise en examen a suivi le 29 juin.
La CAP-LC ne se prononce pas sur le fond de l’affaire, mais insiste sur un point de principe : toute personne poursuivie doit bénéficier de la présomption d’innocence, et toute mesure privative de liberté doit répondre aux critères de nécessité et de proportionnalité. L’organisation s’interroge sur le bien-fondé du maintien en détention d’un homme de cet âge, alors qu’une grande partie des éléments matériels du dossier a déjà été rassemblée.
Un enjeu qui touche l’ensemble des minorités religieuses
Pour la CAP-LC, cette affaire ne concerne pas uniquement une communauté isolée. L’organisation exhorte les États, les juridictions et les institutions internationales à examiner de près les critères utilisés pour juger les minorités religieuses, et à s’assurer que chaque décision repose sur des preuves solides et vérifiables. Elle réaffirme que la liberté religieuse, l’égalité devant la loi et le droit à un procès équitable comptent parmi les piliers fondamentaux de toute société démocratique.
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Article de Massimo Introvigne

